Marseille sans soleil
Interview

Bonjour Marseille ma ville…ma ville. Tu vois, les premiers froids ont chassé tes faux amis de passage, c'est la morte saison… Alors, tu me reviens, sans grimaces, sans grimage, vivante, Marseille de tous les temps, Marseille de tous les jours. Bonjour ma ville, ma belle. J'attendais cet instant. Tu te réveilles lentement au doux soleil d'automne, et je suis émerveillé… toujours. Pourquoi faut-il que tu fasses la belle sur les places publique pour plaire à ceux qui n'en veulent qu'a ton ombre ? Je souffre de ton humiliation, Marseille du labeur, relève la tête..

JPC : Ce texte, c'est le début du film que l'équipe de cinéastes tourne dans Marseille sans soleil. C'est vraiment une déclaration d'amour.

Paul Carpita : Oui, c'est vrai, c'est une véritable déclaration d'amour envers ma ville natale ! Une ville humiliée, meurtrie, défigurée par les médias. Tu sais, alors qu'on venait tout juste de saisir d'une manière odieuse mon film "Le Rendez-vous des Quais", c'est avec un pincement au coeur que je voyais débarquer régulièrement à Marseille des équipes lourdes de tournage venant de Paris ou de l'étranger, avec leurs vedettes internationnales, leur argent, leur débauche de technique... On se ruait sur Marseille pour braquer les projecteurs du coté du factice, du dérisoire, en utilisant le soleil, les bons mots, l'accent... Alors que chaque jour, trés tôt le matin, des dizaines de milliers d'hommes et de femmes partaient faire battre le coeur de la ville, marcher les usines, rouler les trains, partir les paquebots ! J'ai voulu pousser ce cri d'amour envers cette ville et les gens chaleureux qui y vivent.
Mais Marseille est insaisissable ! J'ai fait le film d'un film , précisément, pour montrer la difficulté, pour un réalisateur, de l'appréhender.

JPC : Quand je vois ces trois jeunes étudiants en cinéma courir la ville, j'ai vraiment l'impression de te voir entrain de tourner.

Paul Carpita : Je ne sais pas, mais c'est un peu la manière dont a été tourné le Rendez-vous des Quais, et c'est ce que je ferai sans doute toute ma vie…

JPC : Il y a quelques phrases dans Marseille sans soleil que j'aimerais que tu commentes, par exemple quand Jean-Pierre, le réalisateur dit : les images, je ne les invente pas, je les cueille…

Paul Carpita : Dans tous mes films, Fiction et Réalité sont constamment imbriquées. La Réalité nourrissant le plus souvent la Fiction !.. Lors d'un tournage, je suis toujours prêt à saisir une attitude, un geste, un regard...

JPC : Et quand Jean-Pierre dit qu'il aimerait faire un film sur la fraternité et un autre marrant, c'est toi qui parle ?

Paul Carpita : Le film "sur la fraternité entre tous les hommes", je l'ai fait 35 années plus tard. c'est "Les Sables Mouvants", sorti en salles en 1996. Quant au "film marrant", il est en préparation ! Il s'intitule "les homards de l'utopie" et doit se tourner en septembre 2000 à Martigues.





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